Prix Abel-Gauthier : Personnalité de l’année

récipiendaire en 2015 : Frédéric Gourdeau

Critères de sélection

  • Avoir contribué à améliorer la qualité de l’enseignement des mathématiques.
  • Avoir contribué à susciter un plus grand intérêt pour les mathématiques.
  • Les oeuvres écrites doivent se distinguer par leur origi­nalité, leur utilité et leur valeur comme apport à l’ensei­gnement des mathématiques au Québec.
  • Les travaux et/ou les recherches doivent être évalués en fonction de l’apport significatif apporté en mathématiques.
  • Les influences doivent être évalués en fonction de la re­connaissance générale de la compétence professionnelle et doivent avoir été déterminantes sur l’évolution des mathématiques au Québec.

Biographie de Abel Gauthier (1910-1980)

Abel Gauthier est né le 15 mai 1910 aux Éboulements, il y fait ses études primaires puis s’inscrit au Collège Ste-Marie de Montréal où il obtient un baccalauréat ès Arts avec grande distinction en 1931. Il choisit alors de s’inscrire à la Faculté des sciences de l’Université de Montréal. La formation scientifique des Collèges classiques étant alors très peu poussée, il doit d’abord faire un certificat dans les disciplines scientifiques, puis un certificat de mathématiques générales, suivi en 1933-34 d’un certificat de chimie générale et un autre de Calcul différentiel et intégral Il se voit alors décerner la licence ès sciences physiques le 30 mai 1934. À compter d’octobre 1933, il entreprend, parallèlement à ses études, une carrière d’enseignant. Il donne alors des cours de mathématiques à l’université tout en complétant un certificat en mécanique à l’automne 1935. Ses efforts seront récompensés par une licence ès sciences mathématiques avec «grande distinction» et par la médaille du Lieutenant-gouverneur.

De 1935 à 1939, il passe ses étés à étudier à l’Université Columbia en mathématiques et en physique pour obtenir une maîtrise ès arts (mathématiques) le 20 décembre 1939. Le titre de son mémoire est Theory of group representation by matrices. Durant ces années, il poursuit sa carrière de professeur en enseignant dans un collège classique et dans une école technique. C’est en janvier 1939, qu’il est engagé comme professeur agrégé à l’université. Il poursuit sa formation en passant ses étés dans des universités américaines jusqu’en 1944 et devient professeur titulaire en 1945.

En 1945, Abel Gauthier réactive la Société de mathématiques de Montréal et est nommé secrétaire de la section française de la Société mathématique canadienne fondée à Montréal. Au décès d’Arthur Léveillé, le 13 mars 1947, doyen de la Faculté des sciences et directeur de l’Institut de mathématiques (on nommait ainsi le département de mathématiques), Abel Gauthier est nommé directeur de l’Institut et secrétaire adjoint de la Faculté. Il sera nommé vice-doyen de la faculté en juillet 1950 et occupera ce poste jusqu’en 1958. Maurice L’Abbé lui succèdera, en 1957, à la direction de l’Institut de mathématiques. Abel Gauthier sera également membre du Conseil national de recherches du Canada à partir de 1954 et président de l’Acfas en 1955. En 1961, il participe, avec Maurice L’Abbé, au démarrage des Séminaires d’été du département de mathématiques de l’Université de Montréal. Il poursuivra sa carrière à la direction de l’École Normale Supérieure de l’Université de Montréal. Monsieur Abel Gauthier est décédé à Montréal le 13 mai 1980 à l’âge de 70 ans.

Monsieur Gauthier a publié cinq articles sur des sujets mathématiques. Deux de ces articles sont parus dans les Annales de l’Acfas en 1936 et 1937. En 1940 et 1941, il publie dans Technique et dans la Revue trimestrielle canadienne en 1940. En 1961, Abel Gauthier publie un ouvrage intitulé Introduction à l’analyse mathématique aux Presses de l’université de Montréal.

L’article de Louis Charbonneau intitulé «Les mathématiques à Montréal, 1920-1960» paru dans le Bulletin de l’Association en mai 1988 a été notre principale source d’informations sur Abel Gauthier.

Prix Adrien-Pouliot: Meilleur matériel didactique ou de vulgarisation édité

récipiendaire en 2015 : Calcul intégral de Luc Amyotte

Critères de sélection

  • Atteinte des objectifs visés
  • Originalité de l’approche
  • Diversité des stratégies d’apprentissage
  • Adéquation aux besoins actuels
  • Potentialité d’utilisation
  • Forme ; présentation, choix des exemples, pagination et repères, qualité des graphiques, facilité de manipulation
  • Adaptation à la clientèle visée

Biographie de Adrien Pouliot (1896-1980)

Adrien Pouliot est né le 4 janvier 1896 à Saint-Jean de l’île d’Orléans dans une famille de marins. Son père, son grand-père, son arrière grand-père ont été pilotes sur le Saint-Laurent. Aîné d’une famille de douze enfants, il aurait dû s’appeler Jean comme le voulait la tradition familiale, mais sa mère, craignant qu’on ne l’affuble d’un surnom s’il porte le même prénom que son père, son grand-père et son arrière grand-père, décide de l’appeler Adrien. Le jeune Adrien manifeste très tôt des aptitudes particulières pour l’étude. Encouragé dans cette voie par son institutrice, il termine son cours primaire en trois ans. Rompant avec la tradition, la famille envisage alors pour lui une carrière dans la prêtrise. Il entre au Séminaire de Québec en 1906 où on le juge apte à entrer directement en Syntaxe1. Cependant, Adrien n’a que dix ans et ne pense qu’à s’amuser, ce qui lui vaut d’être réinscrit en Éléments latins. Enfant dissipé et turbulent, il fait rire les autres et on songe à le renvoyer du séminaire, mais un oncle prêtre accepte de le prendre dans sa classe ce qui lui évite le renvoi.

Le jeune Adrien ne manifeste pas de talent particulier pour les mathématiques et collectionne les zéros, tant en mathématiques qu’en grec. Il échoue les examens de mathématiques en Belles-Lettres mais est quand même admis en Rhétorique. Ce n’est qu’en classe de Philosophie, et grâce à l’enseignement de l’abbé Oscar Bergeron, qu’il apprend à aimer les mathématiques et ses progrès sont alors prodigieux. Il obtient son baccalauréat ès arts en 1915 et décroche tous les premiers prix. Il opte alors pour les sciences et encouragé par l’abbé Bergeron, qui l’initie à la géométrie analytique, il peut entrer à Polytechnique sans avoir à suivre une année de préscientifique qui est le cheminement normal pour Polytechnique après le baccalauréat ès arts.

Lors de sa dernière année de génie civil à Polytechnique, il doit s’enrôler. La Première guerre mondiale fait rage. Il s’enrôle dans l’aviation avec son frère Lionel car leur père refuse de les voir comme simples soldats. Il obtient un grade d’officier mais la guerre se termine alors qu’il s’apprête à partir pour l’Europe. Il retourne à Polytechnique en janvier et insiste pour rattraper le temps perdu en automne plutôt que de reporter ses études d’une année et imposer une année de pension supplémentaire à son père qui a onze autres enfants. Il quitte Polytechnique en 1919 avec un baccalauréat en sciences appliquées et revient à Québec où il donne des leçons particulières de mathématiques au couvent de Sillery.

Les leçons particulières de mathématiques ne constituent pas un revenu suffisant et en 1920, il entre au ministère des travaux publics comme ingénieur. Il y restera jusqu’en 1923. C’est en 1922 qu’il commence réellement sa carrière de professeur de mathématiques, engagé par l’abbé Alexandre Vachon qui vient de fonder l’École de chimie. Il sera nommé professeur agrégé en 1924, titulaire en 1928, secrétaire de la Faculté des sciences en 1938 et succédera à l’abbé Alexandre Vachon comme doyen en 1940. Il occupera ce poste jusqu’en 1956.

À l’époque, l’enseignement secondaire est la chasse gardée des collèges classiques privés dirigés par le clergé et dont l’un des buts est de recruter des prêtres. Le clergé est opposé à l’instruction obligatoire et gratuite, soucieux de recruter et former les enfants doués. L’enseignement est centré sur les humanités et jusque dans les années 20, les examens de philosophie se font en latin. L’enseignement des sciences est inexistante au niveau secondaire et l’Université Laval limite son enseignement surtout à la théologie, au droit, à la médecine et aux arts jusqu’à la fin de la Première guerre. Il n’y a pas d’enseignement des sciences pures et l’enseignement des sciences appliquées se confine à l’arpentage et au génie forestier. C’est le 12 octobre 1920 que sera annoncée la fondation de l’École de chimie. Adrien Pouliot sera le seul professeur de mathématiques de l’École de chimie de 1922 à 1936. En 1924, il fonde la Société de mathématiques de Québec et est délégué de l’Université au Congrès international de mathématiques de Toronto où il assiste à des conférences et participe à des séminaires en compagnie des plus grands savants de l’époque dont Ernest Rutherford et Niels Bohr. De 1926 à 1929, il étudie les mathématiques en France.

Les congrès et les voyages à l’extérieur du pays ont permis à Adrien Pouliot de constater l’énorme retard du Québec dans l’enseignement des sciences. Il va se battre énergiquement pour que l’enseignement des sciences remplace l’enseignement du grec au niveau secondaire, la résistance sera farouche mais il réussira à vaincre les réticences. Il se bat également avec vigueur pour développer l’enseignement des sciences à l’université Laval, batailles qui ont mené à la fondation d’une École des mines et des départements de génie électrique et de génie mécanique. Il est également à l’origine des départements de physique, de mathématiques, de génie civil et d’actuariat.

On entend souvent des anecdotes sur la distraction d’Adrien Pouliot. On raconte qu’il est revenu quelquefois de Montréal par train en oubliant derrière lui sa voiture et sa femme Laure-Eugénie. Taquiné à ce sujet, il répondait «Ma femme peut-être, ma voiture jamais». Malgré les boutades de ce genre qu’il faisait à l’occasion, il s’est toujours rangé du côté des femmes pour défendre leurs droits. En 1919, alors qu’il enseignait au couvent de Sillery, il appuie mère Marie des Anges dans sa lutte pour permettre aux femmes de s’inscrire au cours classique. Tout au long de sa vie, Adrien Pouliot s’est battu pour l’avancement des sciences au Québec, il a été un acteur important dans le développement de l’enseignement des sciences à l’Université Laval.

L’ouvrage «Adrien Pouliot, un homme en avance sur son temps» par Danièle Ouellet publié aux Éditions Boréal en 1986 a été une source importante pour les notes sur Adrien Pouliot.

Prix Roland-Brossard: Meilleur article édité du Bulletin AMQ

récipiendaire en 2015 : Denis Tanguay et Sarah Mathieu-Soucy pour l’article « Logique et enseignement des mathématiques »

Biographie de Roland Brossard (1916-1979)

Roland Brossard est né le 7 février 1916. Gradué de l’École de Technologie Supérieure de Montréal avec les plus hautes notes, en 1937, il reçoit la médaille du Lieutenant-gouverneur. Ses études techniques ont suscité chez lui un grand intérêt pour l’aéronautique, ce qui l’amène à s’inscrire par correspondance d’ingénieur en aéronautique dispensé par une institution française. La suspension du service postal entre la France et l’Amérique durant la guerre l’empêche de mener son projet à terme.

Au début de la guerre, Roland Brossard est professeur de dessin industriel à l’École des Arts et Métiers et se lie d’amitié avec Abel Gauthier qui dispense des cours de mathématiques à la même institution. En 1942, incité par Abel Gauthier, il s’inscrit à la licence en mathématiques de l’Université de Montréal. À l’époque, un diplôme de technologie supérieure ne donnait pas accès à l’université, le baccalauréat ès arts (cours classique) était exigé. C’est à titre exceptionnel que Roland Brossard est admis. Pendant son séjour sur les bancs de l’université, Abel Gauthier sera un de ses professeurs et Maurice L’Abbé sera un de ses confrères de classe. En 1945, il obtient sa licence ès sciences mathématiques et est engagé comme chargé de cours l’année suivante. Sous la direction d’Abel Gauthier il obtient sa maîtrise en mathématiques de l’Université de Montréal en 1950, devient assistant professeur en décembre de la même année et professeur agrégé en 1955. Il est nommé professeur titulaire en 1976 et demeure actif jusqu’en décembre 1978 malgré une maladie qui s’est déclarée en 1972. Il meurt à Montréal le 4 janvier 1979.

Il a été membre de la Société de mathématiques et de physique de Montréal et de la Société mathématique du Canada. Le 16 mai 1959, il préside le premier congrès de l’AMQ tenu à l’Université de Montréal sous le thème «L’enseignement de la géométrie» et agit comme président de l’AMQ de mai 1964 à mai 1965.

L’article de Louis Charbonneau intitulé «Les mathématiques à Montréal, 1920-1960» paru dans le Bulletin de l’Association en mai 1988 a été notre principale source d’informations sur Roland Brossard.

Prix Frère-Robert: Meilleur matériel de didactique ou de vulgarisation non édité

récipiendaire en 2015 : Jean Fradette pour le manuel « Mathématiques appliquées à la Technologie du génie civil »

Critères de sélection

  • Atteinte des objectifs visés
  • Originalité de l’approche
  • Diversité des stratégies d’apprentissage
  • Adéquation aux besoins actuels
  • Potentialité d’utilisation
  • Forme ; présentation, choix des exemples, pagination et repères, qualité des graphiques, facilité de manipulation
  • Adaptation à la clientèle visée

Biographie de Frère Robert (1887-1957)

Étienne Poitras, fils d’un entrepreneur menuisier est né à Québec le 20 juillet 1887. Orphelin très tôt, il entre au petit noviciat des frères des Écoles chrétiennes en 1901 et devient le frère Magloire-Robert en 1903. Sa carrière dans l’enseignement débute en 1905. Il enseigne les sciences au Mont-Saint-Louis à partir de 1909. À partir de 1921, il poursuit sa formation disciplinaire en étudiant à la Faculté des sciences de l’Université de Montréal nouvellement créée. Il se verra décerner la première licence ès-sciences mathématiques de cette faculté.

Après avoir été directeur du Mont-Saint-Louis de 1935 à 1938, le frère Robert est envoyé en Europe pour un séjour d’un an. Il en profite pour voyager en France et en Belgique. Sa visite de l’Université de Lille en 1939 lui permettra de réaliser un de ses rêves. Il y apprend qu’il est possible de préparer un doctorat en quelques mois. Consacrant, dès lors ses énergies à la réalisation de ce rêve, il soutient sa thèse principale le 24 juin 1939. Celle-ci a pour titre Le soleil étoile variable? La constante solaire et les observations de C.G.Abbot. Il présente également une thèse secondaire, conformément aux exigences universitaires, dont le titre est Les fonctions presque périodiques. Il reçoit avec fierté le titre de docteur ès-sciences physiques de l’Université de Lille à l’âge de 52 ans. Le climat politique de l’Europe est alors très perturbé mais l’année sabbatique du frère Robert tire à sa fin. La Seconde Guerre Mondiale sera déclarée deux semaines après son retour. En 1954, sa santé commence à se détériorer. Des pertes de mémoire l’obligent à prendre du repos. Il reprend partiellement ses activités, mais la paralysie le surprend et il s’éteint le 9 août 1957 à l’âge de 70 ans.

À l’époque où le le frère Robert a débuté sa carrière, les communautés religieuses assumaient toute la responsabilité de l’enseignement. Les membres des communautés débutaient très tôt leur crrière de professeur et il n’était pas exceptionnel d’être professeur à seize ans comme le fut le frère Robert. Ceux qui manifestaient le plus de facilités dans les disciplines enseignées rédigeaient les volumes et prenaient charge du perfectionnement de leurs confrères. Le frère Robert poursuivra cette tradition en donnant des cours de mathématiques à ses confrères et en publiant des manuels pour l’enseignement des sciences à partir des années 30. Ses ouvrages portent sur les mathématiques, la physique et l’astronomie. En 1930, il publie un ouvrage sous le titre Compléments d’algèbre, ouvrage dont la cinquième édition était encore utilisée à l’École Polytechnique au milieu des années 60. En 1931, il publie Astronomie élémentaire édité pour la quatrième fois en 1953. L’ouvrage Physique élémentaire édité pour la première fois en 1934 connaîtra sa septième édition en 1953. Son ouvrage Précis d’astronomie date également de 1934. Son ouvrage Regard sur l’Univers, rédigé à Namur à l’automne 1938, sera publié en 1948. En 1942, il publie Géométrie élémentaire et Trigonométrie élémentaire. Cet ouvrage sera suivi d’une seconde édition en 1945, année de la parution deGéométrie analytique. En 1949-50, il publie Calcul différentiel suivi de Calcul Intégral. Tous ces ouvrages seront accompagnés de recueil de solutions et publiés par la Procure des Frères des Écoles chrétiennes. Aux Éditions chanteclerc Ltée, il publiera également les tomes I et II de Astres et lettres en 1951 et 1952. Son influence ne se limite cependant pas au milieu de l’éducation, dans La Patrie du dimanche de 1946 à 1955, il rédige une chronique d’astronomie.

L’article de Louis Charbonneau intitulé «Les mathématiques à Montréal, 1920-1960» paru dans le Bulletin de l’Association en mai 1988 a été notre principale source d’informations sur le frère Robert.

Prix Dieter-Lunkenbein : Meilleure thèse de doctorat ou meilleur mémoire de maîtrise en didactique des mathématique présenté au cours des deux années précédentes.

récipiendaire 2015 : Déborah Nadeau, UQAM

Critères de sélection

Il est à noter que les années paires, le prix est décerné à une thèse de doctorat et qu’au années impaires, le prixest attribué à un mémoire de maîtrise.

  • Qualité générale de l’essai, du mémoire ou de la thèse
  • Contribution à l’avancement de la didactique des mathématiques
  • Retombées sur l’enseignement des mathématiques

Biographie de Dieter Lukenbein (1937-1985)

Disparu trop tôt en 1985 à l’âge de 48 ans, le professeur Dieter Lukenbein a joué un rôle prépondérant en tant que didacticien de la mathématique sur le plan provincial, national et international.

Entré au service de l’Université de Sherbrooke en 1968 comme attaché de recherche sous la direction du professeur Zoltan Dienes, il se joignit en 1971 au Département de mathématiques et d’informatique comme didacticien en charge de la formation mathématique des futurs enseignants. A ce titre, il a participé à la mise sur pied du programme de formation des maîtres et du programme de maîtrise en enseignement. En 1971, lors de la fusion de la Faculté des sciences de l’éducation et de la Direction générale de la formation des maîtres qui donna lieu à la Faculté d’éducation, il est entré au Département d’enseignement au préscolaire et au primaire. En juin 1985, il était nommé vice-doyen de la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke.

Le Professeur Lukenbein s’était acquis une très grande réputation dans le domaine de la didactique de la mathématique. D’abord très actif dans la région estrienne par ses nombreuses visites et expérimentations dans les écoles, par sa participation à des sessions de perfectionnement des maîtres, par sa collaboration avec les commissions scolaires, il contribua rapidement au développement de la didactique au Québec et au Canada par son engagement dans l’élaboration et l’implantation des nouveaux programmes du ministère de l’Éducation, par la rédaction de nombreux manuels scolaires avec le conseiller pédagogique Marcel Hamel, par sa participation active aux associations existantes (AMQ. APAME, ACFAS,…) et à la mise sur pied de nombreux groupes d’étude de la didactique (GDM, GCEDM, CERA, . . . ) . Parallèlement, il s’impliqua sur la scène internationale par le biais d’associations vouées à l’étude et à l’enseignement de la mathématique comme la CIEAEM, le NCTM, l’ICME, I’IGPME,… où il prononça de nombreuses conférences et anima des groupes de travail.

Il est l’auteur de plus de 70 conférences ou articles scientifiques. Sa compétence lui valut d’être élu président (en 1982) de la Commission internationale pour l’étude et l’avancement de l’enseignement des mathématiques. Il participa également aux comités d’évaluation du FRAC, et en assura la présidence en 1979. En 1982, le Prix Abel Gauthier lui fut décerné par l’Association mathématique du Québec, en témoignage de sa contribution exceptionnelle à la didactique de la mathématique. Chercheur toujours actif, il obtint d’importantes subventions de recherche du FCAC et se tint en contact étroit avec la plupart des personnalités reconnues dans le monde de l’enseignement de la mathématique, soit par des visites dans de nombreuses universités européennes ou par l’organisation de séjours chez nous de chercheurs réputés.

Le professeur Lukenbein savait mettre ses connaissances, ses contacts et ses recherches au service de son enseignement. Il fut en effet un pédagogue hautement apprécié de tous les groupes d’étudiants qui l’ont côtoyé. Il savait dépasser le cadre technique pour inciter ses étudiants à réfléchir sur l’acquisition des concepts mathématiques, leur genèse et leur insertion dans une théorie plus générale de la connaissance. Son but était de faire de la didactique de la mathématique une science à part entière et, malgré les exigences qu’impliquait cet objectif, il réussissait à susciter l’enthousiasme et l’adhésion de ses étudiants. Nombreux furent les témoignages spontanés de ces derniers, récents ou anciens, qui exprimaient la marque profonde que sa personnalité et sa compétence leur avaient laissée.

Ses collègues de travail avaient depuis longtemps su apprécier sa présence en lui reconnaissant d’emblée un rôle de leader dont le jugement était toujours recherché. Sa pondération et sa prudence, la profondeur de pensée qu’il manifestait en toute matière, le respect de l’opinion d’autrui et son esprit de recherche constante lui méritaient la considération et la confiance unanimes de son entourage. Sa disparition a laissé un vide considérable au sein de la communauté des didacticiennes et des didacticiens de la mathématique du Québec à laquelle il avait offert ses grandes qualités humaines, sa capacité considérable de travail et tout le poids de sa réputation et de sa compétence professionnelle.

Nous le gardons dans notre souvenir; non seulement comme un grand didacticien, mais comme un être de coeur qui reste encore très proche de ceux qui l’ont connu, même dix ans après sa disparition brutale.

L’hommage à Dieter Lukenbein a été rédigé par Nicole Nantais.

Prix Hector-Gravel : Premier prix du concours secondaire de l’AMQ

Liste chronologique des récipiendaires

Biographie de Hector Gravel (1921-1987)

Comme frère des écoles chrétiennes, Hector Gravel a fait une carrière d’enseignant au cycle secondaire du Collège de St-Jérôme et du Collège Mont-St-Louis de Montréal. Après ses études doctorales à l’Université Columbia de New York, il a été professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal de 1967 à 1987.

Au début des années 1960, il a mis sur pied le premier club mathématique au Mont-St-Louis et, pour préparer ses élèves au concours de l’AMQ et aux olympiades de la Société mathématique du Canada, il a rédigé quatre cahier de préparation aux concours mathématiques qui sont devenus des publications de l’AMQ.

Il a été président de l’AMQ pendant cinq ans.

Ces notes biographiques ont été rédigées par Bernard Courteau.

Prix Michel-Girard : Premier prix du concours collégial de l’AMQ

Liste chronologique des récipiendaires

Biographie de Michel Girard (1935-1985)

Après ses études à l’École normale Jacques-Cartier et sa maîtrise à l’Université Notre-Dame aux États-Unis, Michel Girard a enseigné au Collège Ste-Marie de Montréal. En 1968, il devient responsable de l’enseignement des mathématiques au Ministère de l’éducation. Par la suite, il a fait carrière au Ministère des affaires intergouvernementales et à la Délégation générale du Québec à Paris.

Il a été l’instigateur des camps mathématiques de l’AMQ au milieu des années 1960 et a été l’un des demandeurs de la charte québécoise de l’AMQ en 1964.

Il a été secrétaire de l’AMQ pendant quatre ans.

Ces notes biographiques ont été rédigées par Bernard Courteau.

Médailles AMQ-GRMS : Offert à l’étudiant qui s’est le plus distingué dans le programme universitaire de formation des maîtres de mathématiques au secondaire.

Décerné chaque année à la collation des grades des facultés d’éducation des universités suivantes : Université Laval, Université de Montréal, Université du Québec à Montréal, Université du Québec à Trois-Rivières, Université de Sherbrooke.

Prix conjoint de l’Association mathématique du Québec (AMQ) et du Groupe des responsables de la mathématique au secondaire (GRMS), en collaboration avec les facultés d’éducation et les départements de mathématiques des universités québécoises.

Liste chronologique des récipiendaires

Membres émérites de l’AMQ

  • 2012 – Jacques Labelle
  • 2012 – Gilbert Labelle
  • 2011 – Pierre Bouchard
  • 2011 – Fernand Beaudet
  • 2009 – Jean Turgeon
  • 2008 – Vincent Papillon
  • 2008 – Claude Gaulin
  • 2008 – Jean Dionne
  • 2007 – Marcel Lambert
  • 2002 – Jean-Denis Groleau
  • 2002 – Marcel Mius d’Entremont
  • 2001 – Bernard Courteau
  • 1999 – Benoît Provencher
  • 1998 – Jean-Marie Labrie
  • 1998 – Hélène Kayler
  • 1998 – Thomas Déri
  • 1998 – Paul Filion
  • 1998 – Lévis Lemire
  • 1997 – Lucien Laliberté
  • 1996 – Claude Boucher
  • 1996 – Julien Constantin
  • 1996 – Roberte Legris
  • 1995 – Guy-W. Richard
  • 1995 – Lucille Roy
  • 1994 – Maurice L’Abbé
  • 1994 – Fernand Lemay